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Psychosomatique psychanalytique

La psychosomatique médicale part de la maladie pour expliquer tous les facteurs étiologiques, biologiques et psychiques.
 

La psychosomatique psychanalytique part de l’homme malade et de son fonctionnement psychique pour comprendre les conditions dans lesquelles a pu se développer une maladie somatique.
 

Pierre Marty, est un psychiatre et psychanalyste qui a longtemps travaillé avec des patients atteints de maladies somatiques, qui n’avaient aucune demande psychologique.
 

En 1963, il porte à la connaissance de la communauté scientifique, des travaux primordiaux, en collaboration avec d’autres analystes : Michel Fain, Michel de M’Uzan, Christian David.
 

L’investigation psychosomatique et la pensée opératoire sont les deux publications majeures qui constituent l’acte de naissance de la psychosomatique psychanalytique à partir du corpus théorique freudien.
 

Ces auteurs ont reformulé les rapports entre soma et psyché d'une façon nouvelle en élaborant de nouveaux concepts :
 

Alors que la psychosomatique médicale envisage le malade à partir de sa maladie, l’approche psychanalytique l’envisage à partir du repérage dans son fonctionnement psychique d’un processus de somatisation.
 

En effet, trois voies d’écoulement s’offrent aux excitations : celle de l’élaboration psychique, celle du comportement et celle de la somatisation. Ainsi, à défaut de capacités de mentalisation (aptitude de l’appareil psychique à traiter et élaborer les énergies pulsionnelles) suffisante, la maladie peut-être une solution à la décharge des excitations.
 

Un processus de somatisation est une chaîne d’évènements psychiques qui favorisent le développement d’une affection somatique.
 

On distingue deux modalités de processus de somatisation : le processus de somatisation par régression et le processus de somatisation par déliaison pulsionnelle. Ces deux mouvements psychiques s’opposent par la qualité de la mentalisation sur laquelle ils se développent.
 

Processus de somatisation par régression : 

 

Il s’agit d’un processus qui conduit habituellement à des crises somatiques bénignes et réversibles. Ces somatisations surviennent en général chez un sujet dont les capacités de mentalisation sont habituellement satisfaisantes mais en raison d’une surcharge de travail de liaison du Moi au sein du préconscient, la libido est conduite à régresser vers ses sources somatiques (le Moi est avant tout un moi corps et lorsque l’élaboration psychique ne peut temporairement se faire, le corps prend la relève).
 

Ces somatisations surviennent lors de variations du fonctionnement psychique que P. Marty qualifiait d’ « irrégularités du fonctionnement mental », que représentent ces discrets changements de régime du fonctionnement mental, habituels et réversibles, qui transforment momentanément l’économie psychosomatique.
 

Ce processus de régression soulage momentanément le travail psychique qui peut, après un certain délai de temps, retrouver son efficience habituelle.
 

Les désorganisations progressives et processus de somatisation par déliaison pulsionnelle :

 

Les désorganisations progressives sont des états post-traumatiques, faisant suite souvent à une perte objectale. Alors, un mouvement contre-évolutif peut s'installer et déclencher une désorganisation progressive. L’impact de ce traumatisme dépendra de l’organisation interne du sujet.
 

Ce mouvement régressif désorganisateur est fondé sur la prévalence de l’instinct de mort. Ce mouvement contre-évolutif insistant, que les paliers de fixations n'arrêtent pas, va provoquer la disparition, les unes après les autres, des fonctions mentales les plus évoluées, à commencer par la relation d'objet œdipienne, considérée comme la pointe évolutive. Se produit un retour aux modes antérieurs de relation d'objet (narcissisme, auto-érotisme, voire relation anobjectal) et de satisfaction libidinale (anal, oral).
 

Dans ce cas, la désorganisation mentale risque de se poursuivre jusqu’à la pathologie somatique. Une désorganisation est dite régressive quand "le mouvement rétrograde n’est jamais bloqué par aucun système régressif valable » ( P.Marty, Un processus majeur de somatisation ; la désorganisation progressive. In RFP, 1966)
 

Processus de somatisation par déliaison pulsionnelle : 

 

Le processus de somatisation par désintrication pulsionnelle aboutit habituellement à des maladies évolutives et graves, comme les maladies auto-immunes et des maladies cancéreuses.
 

Ce processus se développe en général, comme nous l’avons dit précédemment, chez des sujets ayant subi des traumatismes psychiques qui sont venus réactivés des blessures narcissiques profondes et précoces.
 

Ce sont d’abord des modifications psychopathologiques que l’on peut constater avant les modifications physiopathologiques citées plus haut. C’est la raison pour laquelle, il semble important de repérer cette désorganisation progressive au plus tôt.


 

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